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Date : Jeudi 3 avril 2014 Thème : Etre protestant, c’est cultiver la liberté et une ouverture d’esprit Texte : Jn 8,31.36 ; Ga 5,1 ; 1 Co 10,28-33.

Introduction

Au cours des siècles passés, les anniversaires de la Réforme ont été célébrés sur un plan à la fois national et confessionnel. Martin Luther a régulièrement été présenté comme un héros populaire allemand mais les solennités ont servi à distancier les protestants des catholiques. Depuis septembre 2008, a commencé la décennie de Luther (en allemand Lutherdekade), qui prend fin en 2017 lorsque 500 ans seront accomplis et que sera célébré avec faste l’anniversaire de la Réforme. Cet anniversaire devra être célébré dans la culture da la liberté, l’ouverture d’esprit et l’acceptation de la différence. Il existe quatre écrits de Luther que le protestantisme a considéré, par la suite, comme les bases de la réformation. Il s’agit :

1. Le croyant : un homme libre

Depuis Luther, le chrétien a reçu un nouveau statut, celui d’être un homme/une femme libre aux yeux de Dieu et libéré du joug de l’autorité humaine même au sein de l’église où l’autorité première revient à l’Ecriture sainte. La liberté du Chrétien consiste au retour à l’Evangile pour y trouver les règles de la vie. Les hiérarchies civiles et ecclésiastiques sont légitimes tant qu’elles ne s’opposent pas à l’évangile. Le chrétien ne doit même pas combattre une autorité mauvaise tant qu’elle ne contrevient pas directement à la loi de Dieu.

Lorsqu’un homme, quel que soit son pouvoir, prend le risque de se placer au-dessus de la parole de Dieu, nul n’est obligé à lui obéir. C’est cela le sens de la vraie liberté acquise en et par le Christ. L’esprit de la réformation s’inscrit dans le droit fil de l’enseignement de Jésus et de Paul. Selon l’enseignement de Jésus, pour être réellement libre et donc démontrer l’authenticité de l’engagement à être disciple de Jésus, cela se vérifie par l’écoute et l’attachement de la parole du Christ (Jn 8.31). Jésus s’adresse ici aux Juifs qui avaient cru en lui mais qui sont fiers d’être fils d’Abraham et pourtant ils ne se laissent pas pénétrer par sa parole et c’est cela qui fait qu’ils cherchent à le faire mourir (v.37).

Or, selon le v.36, pour être réellement libre, il faut accepter d’être libéré du pouvoir du péché, libération dont le Fils de Dieu est l’artisan. Dans ce sens, la libération de l’esclavage se manifeste par le désir de faire la volonté de Dieu, et donc d’accepter de dépendre totalement de lui sans entraves religieuses et idéologiques de quelque niveau que ce soit. Pour Jean, la libération dont l’homme a besoin, c’est d’être libéré du péché tandis que pour Paul, c’est du joug de la Loi dont l’homme a besoin d’être libéré. En Ga 5,1, Paul poursuit le même raisonnement « le Christ nous a rendus libres pour que nous connaissions la vraie liberté. C’est pourquoi tenez bon et ne vous laissez pas réduire à nouveau en esclavage » .

2. Le statut du croyant : une existence paradoxale

Il semble que la pensée théologique de Luther sur la liberté peut être esquissée de cette manière, c’est que l’être humain est libre devant Dieu, mais il est appelé à mener une vie droite et à suivre sa propre conscience. Nous pourrions comprendre que c’est la conscience éclairée par l’Evangile du Christ qui s’engage sur le chemin de la liberté, et en fait une liberté n’a que faire avec le libertinage. L’homme affranchi a un regard éclairé sur le monde dans lequel il vit ; il s’y engage à servir Dieu dans la solidarité vis-à-vis de son prochain qu’il est appelé à servir.

L’existence du chrétien dans le monde est quelque peu paradoxale, parce qu’il est un libre seigneur de toutes choses et n’est soumis à personne mais curieusement, il demeure serviteur en toutes choses et il est, du reste, soumis à tout le monde. Qu’est-ce que cela signifie être à la fois seigneur et serviteur ? Le chrétien n’a pas de choix parce qu’il construit son existence sur son maitre qui a dit – et qui a vécu à la fois comme maitre et serviteur – il se souviendra toujours de la parole de Jésus « celui qui veut être le plus grand doit être le serviteur de tous » .

3. Une liberté limitée vis-à-vis du prochain

Cet homme appelé à vivre dans la liberté de cœur et d’esprit, est invité à veiller sur soi-même. Il est vrai, dit Paul en 1 Co 8,8-9, ce n’est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu parce qu’en ne mangeant pas, nous ne prendrons pas de retard et si nous mangeons, nous ne serons pas plus avancés. Autrement dit, la nourriture ne fait pas de nous ni pécheur ni saint, manger ou ne pas manger certaines nourritures est connecté à la manière dont les individus usent de leur liberté chrétienne.

Paul invite le croyant à faire preuve de retenue dans l’exercice de la liberté de ne pas faire tomber dans le péché ceux-là qui sont mal affermis (faibles) dans la foi. En tant que protestants, nous devrions régulièrement nous laisser avertir par la parole de Paul, c’est-à-dire nous évertuer à tout faire pour la gloire de Dieu et ne point rechercher notre propre intérêt mais celui d’autrui parce que tout est permis mais tout ne convient pas, tout est permis mais tout n’édifie pas (1 Co 10,23-24). Ces deux passages situés en amont et en aval dans le développement de la pensée de Paul consacre une certaine limite dans l’exercice de la liberté, une valeur chère, au christianisme de la réformation.

Le chrétien vivant dans le monde, en quête du sens de son existence, doit défendre son identité, la liberté acquise en Christ mais il ne peut exercer cette liberté que dans un élan de solidarité avec le prochain et il doit s’interdire de blesser la conscience des frères et sœurs pour lequel le Christ est mort sur la croix et donc ne point les scandaliser. Il fera de toutes circonstances une opportunité de glorifier Dieu, c’est-à-dire le faire connaitre pour le salut. Il s’évertuera – et cela le prix de la liberté chèrement acquise – à chercher à plaire à tous en toutes choses (1 Co 10,33a). Cependant, ce désir de plaire à tous ne doit pas être perçu comme une tentative de chercher à se faire bien voir mais au prix de sacrifier ses intérêts et ses privilèges. Il ne cherche pas son propre bien mais le bien des autres, avec l’ultime but que le plus grand nombre soit sauvé (v.33b).

4. Comment gérer les différences ?

Nous sommes ici, de plain pied, dans la gestion des différences culturelles et identitaires. On devra donc se garder

(i) du danger de stéréotype : ce dernier est une image simpliste, un cliché qu’on rapporte à une catégorie de personnes, à une institution ou à une culture. La notion de stéréotype est généralement utilisée négativement pour dénoncer une idée reçue et fausse qui fait obstacle à la connaissance véritable . Ce faisant, il existe une série d’idées reçues et d’images préconçues autour des hommes et des femmes, qui conditionnent la vision que la société se fait des uns et des autres. La question d’identités est d’une importance capitale car c’est par elle qu’une personne se représente soi-même, se voit par rapport aux autres et se représente les autres.. Ensuite, se garder

(ii) de la radicalisation ethnique : c’est-à-dire l’exploitation du type extrémiste. Alors que la multiethnicité ne doit pas être perçue comme une menace exclusive qui porte atteinte à l’unité nationale, l’ethnicité, mieux la diversité humaine, qui pourtant doit être considérée comme des sources potentielles de dynamisation du tissu sociétal d’une Nation, a été une source des conflits. Bien plus,

(iii) la manipulation des différences : Au cours de ces dernières années, les conflits dans les régions d’Afrique sont le théâtre de la paupérisation d’une grande majorité des populations et sur des divisions et fragmentations entre différents groupes dans la société qui semblent facilement manipulables dans les conflits de pouvoir. Enfin

(iv) effort de négation de l’ethnie. Une telle politique n’est-elle qu’un leurre dans la mesure où tenter de construire l’unité tout en niant les différences risque d’être à la longue une bombe à retardement. ?

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Thème : Etre protestant, c’est cultiver la liberté et une ouverture d’esprit
Rév. Dr. Vincent MUDERHWA
Professeur à la Faculté de Théologie de l’Ulpgl et Pasteur à la CBCA
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