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Date : Vendredi 4 avril 2014
Thème : Développons la culture de l’excellence et de la rédevabilité
Texte : 1 Tm 4,7-11 ; Co 10,31 ; Col 3,17.23

Nous sommes ici juste comme un noyau qui représente la crème intellectuelle de l’église protestante pour voir si 500 ans après, notre présence, en tant que protestants, se justifie encore. Pour rendre notre présence vraie, efficace, pertinente, il existe devant nous des pistes à explorer. J’ai été intéressé hier en suivant la triple conférence qui a fait un état des lieux de l’enseignement au Rwanda, au Cameroun et en RDC. Chacun des intervenants n’a pas oublié de relever les faiblesses de notre système éducatif qui ne s’adapte pas au contexte, ne prend pas en compte les besoins, les attentes, les frustrations, les traumatismes, les risques, les espoirs des populations et qui malheureusement est en train de sacrifier la qualité au profit de la quantité.

Il y a eu dans le passé une philosophie et une pensée religieuse qui voyait dans la matière quelque chose de mauvais et méprisable. Beaucoup de gens consacraient le maximum de leur temps à la vie religieuse et contemplative et négligeait le travail. Pour eux, s’adonner au travail séculier et aux activités matérielles ne peut faire que des chrétiens de second rang. C’est probablement cette conception que Paul combat en 2 Th 3,6s

Nous vous ordonnons, frères, au nom du Seigneur Jésus-Christ, de vous tenir à distance de tout frère qui mène une vie désordonnée et contraire à la tradition que vous avez reçue de nous. Vous, vous savez bien comment il faut nous imiter : nous n’avons pas vécu parmi vous d’une manière désordonnée ; nous n’avons demandé à personne de nous donner le pain que nous avons mangé, mais dans la peine et la fatigue, de nuit et de jour, nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun de vous (…) A ces gens-là, nos adressons, dans le Seigneur Jésus Christ, cet ordre et cette exhortation : qu’ils travaillent dans le calme et qu’ils mangent le pain qu’ils auront eux-mêmes gagné.

Pour Paul, particulièrement dans ce passage, la vie désordonnée consiste à négliger le du travail, or cela est contraire à la tradition reçue. Paul se présente comme un modèle à imiter non seulement pour avoir travaillé mais aussi pour avoir consenti fatigue et peine, nuit et jour, pour travailler en vue de ne se retrouver à charge de personne. On trouvera toujours dans nos écoles des jeunes gens trop zélés pour les activités spirituelles tout en négligeant les études ou dans nos paroisses, ceux-là qui clochent de deux côtés, c’est-à-dire dimanche dans nos paroisses et pendant la semaine ils fréquentent les « chambres de prière » . Un mot sur la conception biblique du travail, c’est :

Le travail est un mandat reçu de Dieu et contribue à développer la personnalité de l’homme : selon Gn 1,28, l’homme a reçu la mission de dominer la terre et l’assujettir. C’est-à-dire il est appelé à transformer son environnement par son intelligence, son savoir-faire et son industrie pour le rendre habitable et plus vivable. En Gn 2,15, l’homme a été placé dans le jardin pour le cultiver et pour le garder, c’est-à-dire qu’en se considérant comme gérant de la création, il ne subit pas les lois de la nature mais use de son génie pour intervenir sur son environnement, le modifier et donner à son activité professionnelle une signification profonde.

En tant qu’éducateurs, nous travaillons avec un objectif. L’éducation fait partie des processus de reproduction sociale et l’école contribue à la survie sociale. Illustration : j’ai fini par comprendre que l’école contribue à la reproduction sociale à partir de ce que j’ai eu à lire dans la salle d’étude au Collège Alfajiri de Bukavu en ces termes : au collège se forge en toi l’homme de demain ». c’est à l’école que la société prépare ses cadres (avocats, magistrats, banquiers, hommes et femmes d’affaires, moniteurs et enseignants tant du primaire que du secondaire et de l’université, médecins, ingénieurs, etc. L’école comme contribuant à la survie sociale dans la mesure où, comme nous l’avons compris dans notre contexte de guerres à répétition l’école a souvent servi à donner de l’espoir tant qu’elle fonctionnait pendant que les rebelles opèrent.

Pour Emile Durkheim (1858-1917), le fait éducatif a trois aspects sociaux : l’école en tant qu’organe social, en tant que système ayant spécifiquement en charge la socialisation des « jeunes générations » et par-dessus tout elle contribue à la survie sociale .

L’école étant donc un sous-système à l’intérieur du système social global, elle a comme fonction de transmettre non seulement des savoirs mais aussi des règles et des valeurs. Mme Dr Claudia disait en 2013 que l’éducation intellectuelle, tout le monde peut la faire, mais une université protestante offre en plus une éducation spirituelle. Le rôle de l’éducation consiste à travailler sur les dispositions intérieures et les attitudes de l’enfant et le jeune afin que l’apprentissage le conduise au mieux-être et mieux faire. En tant qu’enseignant, nous devrions faire le meilleur de nous même pour produire un travail de qualité, en terme de contenu au cours à dispenser (dimension intellectuelle de l’éducation) et offrir une éducation spirituelle qui non seulement développe les attitudes mais aussi la personnalité.

La famille, l’église et l’école travaillant en partenariat doivent promouvoir les valeurs d’éduquer de partage, de dialogue, de respect de la culture de l’autre, de tolérance, l’interculturalité, conscience à vivre dans la solidarité, promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, lutter pour promotion des droits humains et cultiver la paix intérieure. Le travail enrichit la personnalité de l’homme parce qu’en accomplissant le mandat qui lui a été confié, il s’accomplit lui-même. En se rendant compte qu’il est utile à quelque chose et en mettant en valeur ses dons, il enrichit sa personnalité. Lorsqu’un homme est privé de la possibilité de travailler, il en souffre et se sent dévalorisé. Le travail enrichit et contribue à l’estime de soi. L’ergothérapie est une pratique utilisée pour certains malades pour les revaloriser par le geste de la production.

Le travail, un service : le service est le mot-clé de la conception biblique du travail parce qu’il lui donne sa valeur et son sens. Même quand le travail est accompli dans des conditions pénibles et sans intérêt, la conscience à rendre service au prochain attribue un sens non négligeable à toute activité laborieuse aussi humble soit-elle.

Aucune tâche ne peut être méprisée dès lors qu’elle a valeur de service et donc une expression de l’amour du prochain. Lorsqu’il est considéré comme service, le travail le plus humble, le moins considéré ou le moins payé devient une œuvre de grande valeur. Il convient donc d’avoir une vision prospective du travail que l’on accomplit. Illustration : trois tailleurs de pierre à qui l’on avait posé une question « quel est votre travail » . L’un répond, je taille les pierres pour les vendre à ceux qui en auront besoin pour construire ; le second dit qu’il taille les pierres pour qu’elles servent à la fondation et le troisième répond de façon surprenante « je construis une cathédrale ».

Que le travail soit vu comme un mandat attribué à l’homme par Dieu et comme un service à rendre à la société et au prochain, le croyant doit travailler de manière à glorifier Dieu par son travail. Et c’est cela qui valorisera son travail aux yeux de Dieu et aux yeux des hommes.

Pour glorifier Dieu par notre travail, recherchons l’excellence et le sens de la redevabilité. En bon intendant/administrateur des biens de Dieu, le croyant doit se soucier de faire correctement son travail et l’utiliser pour rendre grâce à Dieu et servir le prochain. C’est pourquoi Paul dit « … faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Co 10,31). En Col 3,17 : « tout ce que vous pouvez dire ou faire, faites-le au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâce par lui à Dieu le Père » . Et enfin, en Col 3,23 : « Quel que soit votre travail, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur, et non pour les hommes » . Nous sommes redevables vis-à-vis de Dieu dont nous sommes intendants et vis-à-vis de la société qui a des attentes et des besoins.

Le dernier passage ne s’applique pas seulement aux grands artistes, ceux-là qui produisent des chefs-d’œuvre et qui sont admirés de beaucoup. Il s’agit du travail le plus humble et la conscience de celui qui le fait qui se reconnait comme servant le Seigneur par son travail. C’est pourquoi il doit le faire de bon cœur non pour les hommes qu’il cherche à plaire mais le faisant pour Dieu.

Quelques principes :

La bénédiction de Dieu repose sur le travail, car l’homme a été créé pour agir pas pour son intérêt et en vue de l’utilité commune.

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Thème : Développons la culture de l’excellence et de la rédevabilité
Rév. Dr.Vincent MUDERWA
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