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Thème : Le salut : une reconversion du regard sur soi et sur Dieu Texte : Dt 4,29 ; Jr 29,13-14a et Rm 3,21-28
Par Rév. Dr. Vincent MUDERHWA B.
Professeur à la Faculté de Théologie/ULPGL et Pasteur CBCA
Goma-Ouest

Nous avons opté pour ce thème pour tenter de découvrir combien Dieu se laisse trouver par ceux-là qui le cherchent de tout leur cœur. La quête de Dieu est une quête existentielle pour laquelle nous ne devrions pas nous donner du répit tant qu’elle n’a pas about. Luther a connu des moments d’angoisse et inquiétude à la suite de la quête de Dieu mais ne s’est pas donné de répit jusqu’à ce que Dieu se révèle à lui. Le processus aura été long et fastidieux mais a abouti à une reconversion de son regard sur Dieu et sur lui.

Luther est un homme de même nature que chacun de nous. Né d’une femme en 1487, un certain 31 octobre 1517, au moment il atteint 40 ans, il entra dans l’histoire, comme un homme de foi et la réforme qu’il déclencha connut un retentissement international. Il publia 95 thèses contre l’abus des indulgences, un acte qui fera de Luther un héro en Allemagne, en Europe et même aux USA. La réforme est un mouvement qui influença l’église, les hommes et les institutions d’enseignement de façon durable. Luther est devenu une figure emblématique parce que la Réforme luthérienne a touché presque toutes les sphères de la vie (la musique, l’art, l’économie, la société, le langage et le droit).

Pourtant la Réforme n’est pas un fait isolé mais plutôt un fruit mûr dont le murissement aura été long au regard de la démarche vraiment religieuse que cet homme a connue. Les riches réflexions auxquelles nous seront soumis, durant ces quatre jours, vont certainement à évaluer à quel niveau notre vécu au quotidien, notre approche d’enseignement dans nos écoles, l’accompagnement des fidèles dans nos églises, défendent, contre vents et marrées, notre identité protestante.

Dans cette méditation introductive, permettez-moi d’indiquer quelques éléments détachés de la vie de cet homme dont l’histoire du protestantisme retiendra les faits marquants de son courage, sa détermination, sa fermeté et sa volonté de rendre témoignage de la vérité trouvée dans les Ecritures avec une conviction et une forte de persuasion déroutantes. Formulons un adage : « Dis-moi ce à quoi tu crois, je te dirai qui tu es ! » .

Ayant reçu une éducation religieuse qui constitue son héritage, il connut une enfance rude, il écoute avec terreur les histoires de démons et de sorcières. Dans un tel élan de cœur, Martin Luther entre en 1505 au monastère pour servir Dieu avec une âme inquiète ou tourmentée. Le 2 août 1505, alors qu’il revenait de Manfield où il avait été voir ses parents, il fut surpris en route par un violent orage.

Pris d’angoisse, à cause de la foudre qui venait d’éclater près de lui, il adressa une à Sainte Anne un vœu suivant : « si tu m’aides, saint Anne, je deviendra moine » . Après un dîner d’adieu, il entre au couvent des Ermites de Saint-Augustin le 17 juillet 1517 pour mieux servir Dieu autrement qu’il ne pouvait le faire dans le monde. L’état d’âme avec lequel il entra au monastère fait qu’il ne trouve pas la paix. Il est fortement émotionné à cause de la peur de mourir et de se retrouver damné pour l’éternité. La théologie de son temps est telle qu’on enseignait que Dieu fait ce qui lui plait dans la mesure où il sauve les uns et damne les autres. La vie austère (prières de jeune, mendicité, privations de feu pendant l’hier) qu’il mène en tant que moine et prêtre et en dépit du fait qu’il enseigne le cours d’Ecriture sainte en suivant la règle avec exactitude ne lui procure pas la paix.

Il est troublé par l’expression par le fait que Dieu du haut du ciel, manifeste sa colère contre les hommes qui ne l’honorent pas et ne respectent pas sa volonté, dit Rm 1,18 mais aussi par l’expression « justice de Dieu » qui revient en Rm 3,25-26. Une expression qu’il haïssait parce que les docteurs de son temps enseignaient cette justice au sens formel ou actif dans la mesure où Dieu, dans sa justice, ne peut que punir les pécheurs ou les coupables.

Alors qu’il était d’un caractère irréprochable, en tant que moine, il se sentait pourtant pécheur devant Dieu, avec une conscience extrêmement chargée et inquiète, sans aucune certitude que Dieu fut apaisé par ses satisfactions. Comment un Dieu aussi horrible pouvait être aimé par l’homme ? Encore moins par Luther qui certainement le haïssait et ne pouvait pas tolérer avoir un Dieu qui prétend être juste mais à la fois vengeur. Il lui est arrivé de murmurer contre un tel Dieu en disant « n’est-il pas suffisant qu’il nous condamne à la mort éternelle à cause du péché de nos pères et qu’il nous fasse subir toute la sévérité de sa loi ? Faut-il encore qu’il augmente notre tourment par l’Evangile et que, même là, il nous fasse annoncer sa justice et sa colère » .

La grande découverte de Luther, c’est d’arriver à découvrir que la justice de Dieu est révélée dans l’Evangile comme il est écrit « le juste vivra par la foi » . La justice de Dieu, c’est cela que Dieu attribue à l’homme pécheur par la foi en Jésus le Christ. Il n’est pas question de la justice active – qui punit sans vergogne les pécheurs – mais elle est passive, parce que Dieu, dans sa miséricorde, justifie l’homme au moyen de sa foi. Dieu est au centre de l’œuvre du salut, par sa puissance, il donne la force à l’homme de vivre une vie rayonnante et qui glorifie Dieu dans ce monde.

Le salut auquel parvient Luther l’a conduit à un reconversion de son regard sur le statut de l’homme devant Dieu. Il découvre que l’homme nait, mur dans l’iniquité et l’injustice et qu’il ne peut que compter sur la justification rendue possible par le fait de l’imputation de la justice que Dieu, dans sa miséricorde, opère par la foi en sa parole. Justifié par la foi sans l’intervention des œuvres, l’homme doit renoncer à ne rien faire contre le péché qu’il lui faut sentir constamment. Il faut que l’homme soit dans le désespoir le plus complet et c’est lorsqu’il se sentira plus rien que le péché que Dieu le sauvera. Au lieu d’être la preuve e l’éloignement, le sentiment du péché écrasant est la condition du péché.

Le sentiment écrasant du péché devient, pour ainsi dire, la condition du salut et donc l’homme doit renoncer à ne rien faire que de se remettre à Dieu qui, par amour, a accompli le salut par la mort de Jésus-Christ sur la croix. Dans sa vieillesse, Luther dira : « si la grâce est réelle, il faut qu’elle enlève des péchés réels. Dieu ne sauve pas des péchés imaginaires. Sois donc pécheur et pêche fortement. Mais plus fortement encore mets ta foi, ta joyeuse espérance en Christ, le vainqueur du péché et de la mort » .

La reconversion du regard dont il fait l’expérience le conduit à se sentir aimé par Dieu qui a pris l’initiative de sauver l’homme par l’œuvre de la croix. Le Dieu qu’il haissait à cause de la justice dont il ne comprenait pas l’enjeu et le sens, il a commencé à l’aimer. Luther restera un modèle à suivre dans la quête de Dieu qui se révèle et se laisse trouver par toute personne désespérée de lui-même et qui, pour trouver une issue de sortie, qu’en comptant sur la grâce pardonnant de Dieu et qui agit en Jésus-Christ.

Que le Seigneur bénisse sa parole !
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