Milonic DHTML/JavaScript Menu Sample Page DHTML JavaScript Menu By Milonic
Centre de formation
Cantine scolaire
Nos Programmes sont réalisés avec l'appui de :
accueil>Le meilleur système éducatif du monde

A travers ces quelques lignes, je me propose de partager avec vous les résultats de ma recherche sur les systèmes scolaires dans le monde. La lecture du livre : « La Finlande, un modèle éducatif pour la France » du français Paul Robert m’a le plus marqué.

Loin de moi l’ambition de parler des systèmes éducatifs du monde. Je n’en connais que très peu pour le moment. Je voudrais cependant focaliser mon attention sur deux blocs de systèmes éducatifs représentés par les deux pays déjà cités dans le titre du livre : La Finlande et la France. Plus d’un sait que la Finlande se trouve dans le système éducatif anglo-saxon pendant que la France représente le système francophone.

Monsieur Paul Robert se limite à comparer les systèmes de ces deux pays. Mais il prend déjà une option par sa question : « La Finlande, un modèle éducatif pour la France ? » Pourquoi la Finlande devrait-elle servir de modèle à la France en matière d’éducation ?

Eh bien le système éducatif finlandais a été déclaré « le meilleur du monde » par le PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves) conçu par l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique). L’OCDE réunit en effet, 34 pays d’Europe, d’Asie et d’Amérique dont nous citons à titre exemplatif : les USA, le Canada, la Grande Bretagne, la France, l’Allemagne, la Suisse, la Belgique, la Finlande, le Japon, la Corée. L’évaluation du PISA vise un objectif pragmatique :

« … il ne s’agit pas de déterminer le degré d’assimilation d’un programme scolaire particulier mais plutôt de mesurer la capacité des jeunes à « faire face aux défis de la vie réelle » en exploitant efficacement les acquis à l’école, ce que, d’après le terme anglais, on nomme la « littératie » » (Robert P. (2010) pp 15-16 Les évaluations du PISA de 2000, de 2003, de 2006 et de 2009 placent la Finlande à la tête des pays membres de l’OCDE. Ces évaluations portent souvent sur la lecture, les mathématiques, les sciences et la résolution des problèmes. Mais quel est le secret de cette réussite de la Finlande ? Selon Paul Robert, les clés du succès de la Finlande reposent sur trois piliers :

Une conception holistique de l’éducation

Le terme « holistique » désigne toute approche globalisante selon laquelle « l’enfant est un tout et c’est en le considérant dans sa globalité que l’on pourra l’amener à développer toutes ses capacités, intellectuelles, affectives et morales, et à devenir un être humain complet et équilibré, respectueux des autres et de son environnement » (Robert P. (2010) p 63

En vertu de cette conception, l’éducation doit en termes clairs, s’occuper de l’enfant sous toutes ses dimensions : intellectuelle, morale, spirituelle, physique, affectif…

Toujours selon Robert : « En Finlande, l’enfant est considéré comme fondamentalement curieux et avide de nouvelles connaissances. De lui-même, pense-t-on, il ira vers le savoir si l’on s’emploie à créer les conditions matérielles et émotionnelles où ses dispositions naturelles pourront se développer ». (Robert P. (2010) p 63

Une forte revendication des valeurs morales et humanistes

La Finlande est un pays majoritairement protestant luthérien. « Ce luthérianisme a favorisé un taux d’alphabétisation exceptionnel dès le XIXe siècle. La densité du réseau des bibliothèques et le nombre d’emprunts des livres par personne est, encore aujourd’hui, la marque de cette familiarité ancienne avec l’écrit ». (Robert P. (2010)

Avec ce luthérianisme, la Finlande se caractérise également par « la revendication des valeurs morales fortes, affichés dans les discours et dans les programmes et qui n’exclut en rien une très grande tolérance »

Au-delà de la transmission des connaissances et des compétences utiles à l’insertion dans la vie professionnelle, l’école doit aider les jeunes à acquérir des valeurs capables de favoriser sa personnalité et son intégration harmonieuse dans une vie relationnelle riche. L’honnêteté, la loyauté, la confiance sont les valeurs essentielles pour la Finlande.

Une approche constructiviste de l’apprentissage

La Finlande s’appuie fortement aux théories d’apprentissage qui rendent l’enfant acteur dans l’acquisition de ses savoirs et de ses compétences. L’approche constructiviste de Jean Piaget : Jean Piaget affirme : « Tout ce que vous apprenez à l’enfant, vous l’empêchez de le découvrir… » Avec cette vision active de l’apprentissage, le rôle de l’enseignant change par rapport à la pédagogie traditionnelle où il devait parler presque seul et être très actif et les apprenants réduits au simple rôle des récepteurs passifs (méthode magistrale, expositive, ex-cathedra). « C’est à lui (l’enfant) d’agir car c’est en agissant qu’il va apprendre ».(Grandjean A. (1999), p 7. Le rôle de l’enseignant, c’est donc lui fournir des matériaux pour qu’il construise lui-même son savoir. L’enseignant n’est pas là pour imposer un savoir tout fait mais pour stimuler l’activité de l’enfant en lui proposant des situations aussi diverses que possibles, qui vont lui permettre de construire un savoir nouveau plus élaboré, plus étendu et plus riche.

L’approche socio-constructiviste de Vygotsky Lev Vygotsky (psychologue russe) accorde une importance primordiale à la dimension sociale et relationnelle dans le processus d’apprentissage. Selon lui, il ne suffit pas que l’enfant agisse. Il doit se mettre avec les autres pour qu’il se développe. « L’apprentissage qui intervient à travers la coopération interactive favorise l’apprentissage individuel. Sous toutes ses formes, l’apprentissage est un processus actif orienté vers un but qui inclut la résolution de problèmes de façon indépendante ou collective ». (Robert P. (2010) p 65

Ces deux approches de Jean Piaget et de Lev Vygotsky constituent le fondement même de la pédagogie active et participative vulgarisée dans les ECP/CBCA et en RDC à travers l’ECC. Que dire alors de l’enseignement des ECP/CBCA eu égard à ces trois piliers de la réussite du système éducatif finlandais ?

A mon humble avis, l’enseignement dans les ECP/CBCA se trouve actuellement engagé sur la voie de l’excellence ou tout simplement de la réussite en comparaison avec le système éducatif finlandais. Les trois piliers dont question ci-dessus constituent désormais le socle de l’enseignement des ECP/CBCA.

En effet, tel que conçu, le programme des cours dans nos écoles en RDC répond adéquatement à la conception holistique de l’éducation en se basant sur le principe de Pestalozzi : « une tête, un cœur et deux mains à former ». Nous devons cependant avouer que cela reste dans beaucoup d’écoles un vœu pieux car sans stratégies concrètes pour sa matérialisation surtout pour les deux derniers éléments.

S’agissant du deuxième pilier, à savoir, une forte revendication des valeurs morales et humanitaires, la CBCA se trouve bel et bien sur la bonne voie. En plus du service de l’aumônerie dans les écoles, des valeurs ont été définies au sein de la CBCA et des ECP/CBCA. Il s’agit de : l’intégrité, la justice, l’humilité, la fidélité, le travail, la bienséance et l’ordre, l’amour du travail …

Mais elles ne doivent pas rester lettre morte. Des efforts sont donc à fournir dans les écoles et dans toute la communauté pour que ces valeurs deviennent une réalité dans le vécu quotidien des membres de la CBCA, enfants et adultes. Nous ne devons pas seulement combattre les antivaleurs quand elles se manifestent. Un travail en amont à ce sujet s’avère très impératif. Tous les partenaires éducatifs et (en particulier les enseignants) se trouvent ainsi interpellés. En effet un bon système éducatif est aussi celui qui favorise la collaboration et une synergie entre école, famille et église.

Quant au troisième pilier, l’approche constructiviste de l’apprentissage, la CBCA est en plein pied dans la démarche. Voici en effet 10 ans que la CBCA, avec l’appui financier de EED, est engagée dans un programme de formation des enseignants dans ses écoles en Pédagogie active et participative.

L’objectif global poursuivi, c’est d’améliorer la qualité de l’enseignement avec l’application des méthodes modernes, actives, participatives et de tolérance telles que prônées par Comenius, Vygotsky, Piaget et autres. C’est l’occasion pour moi de remercier EED et le Gouvernement Allemand pour le financement de ce programme de formation des enseignants en PAP et d’une manière particulière, Monsieur Rudolf Heinrichs-Drinhaus de EED pour nous avoir mis en contact avec cette pédagogie moderne et Dr Christian Grêt pour nous l’avoir enseignée.

A l’heure actuelle, 2423 agents dont 790 femmes (Enseignant(e)s, Préfets et Directeurs/trices d’écoles, Inspecteurs et Conseillers d’enseignement sont déjà formés en PAP.

Dans bien d’écoles la PAP est déjà d’application et les avantages sont très visibles : l’amélioration des relations enseignants-élèves, la libération de l’expression des apprenants, l’amélioration des résultats scolaires, la résolution des conflits en milieu scolaire, l’installation progressive de la culture démocratique, … En effet, il est admis scientifiquement que par nature, l’enfant n’aime pas l’école. Les chefs d’établissements scolaires et les enseignants/tes doivent donc s’évertuer à rendre les écoles, des milieux accueillants et attractifs pour les enfants car pour bien apprendre, ces derniers ont besoin d’une atmosphère détendue, sereine et rassurante. La terreur, même celle des « points », l’humiliation, la coercition et toute forme de brimade doivent laisser désormais place à la confiance, au respect, à la responsabilisation, à l’autodiscipline, à la loyauté, à l’autonomie…

Je voudrais bien me faire comprendre. Dire climat serein ou détendu pour les enfants ne signifie pas du tout laxisme, désordre, libertinage. Avec la PAP nous pouvons atteindre cette atmosphère sans trop de peines.

En conclusion, la Finlande doit servir de modèle à tout le système éducatif francophone se caractérisant par l’élitisme, par l’enseignement plus théorique que pratique et que malheureusement, la RDC a hérité de la colonisation. Notre sous-développement sur tous les plans n’est-il pas du à ce système éducatif ?

En parlant de trois piliers du système finlandais, je ne voudrais pas passer sous silence les autres facteurs qui contribuent aussi au succès : les conditions matérielles comme la qualité des locaux, les moyens d’enseignement, les effectifs d’élèves par classe, le statut social de l’enseignant...Quoi qu’il en soit, nous sommes invités avec le peu de moyens dont nous disposons à fournir le meilleur de nous-mêmes afin d’offrir un enseignement de qualité. Nous n’avons pas de choix car notre propre salut dépendra de la qualité d’enseignement que nous aurons assurée à notre jeunesse. Une occasion pour moi de lancer un vibrant appel à tous les enseignants déjà formés en PAP ; ils ne doivent ménager aucun effort pour appliquer ces nouvelles méthodes d’enseignement. J’interpelle également l’Etat congolais afin qu’il ouvre les yeux et qu’il ne se complaise pas du tout de cette école de la médiocrité, mais de viser l’excellence et de mettre les moyens conséquents car il n’y aura pas de développement sans un bon système éducatif en RDC.

Coordinateur des ECP/CBCA
Kasereka Lutswamba Jean

| | Accueil | ©Communauté Baptiste au Centre de l'Afrique - Coordination Communautaire des Ecoles Conventionnées Protestantes ® 2010