Milonic DHTML/JavaScript Menu Sample Page DHTML JavaScript Menu By Milonic
Centre de formation
Cantine scolaire
Nos Programmes sont réalisés avec l'appui de :
accueil>Exposé : Présentation sur l’enseignement protestant au Rwanda : le passé, le présent et l’avenir

Présentation sur l’enseignement protestant au Rwanda : le passé, le présent et l’avenir
Par Pasteur Samuel Mutabazi (Directeur du BNEP), à l’occasion de la rencontre régionale sur les 500 écoles qui célèbrent les 500 ans de la Reforme Protestante

Introduction

L’enseignement protestant au Rwanda est très vaste. Dans cette présentation, je vais me limiter à l’enseignement protestant des églises historiques, membres du Conseil Protestant du Rwanda (CPR). Ce sont ces églises qui ont confié au Bureau National de l’Enseignement Protestant (BNEP), le Bureau que je coordonne depuis septembre 2013, la responsabilité de coordonner leurs écoles.

Ces églises sont entre autre : Eglise Presbytérienne au Rwanda (EPR), Eglise Anglicane au Rwanda (EAR) à travers les 9 diocèses, Eglise Méthodiste Libre au Rwanda (EMLR), Union des Eglises Baptistes au Rwanda (UEBR), Association des Eglises Baptistes au Rwanda (AEBR), Eglise de Pentecôte au Rwanda (ADEPR), Eglise du Nazaréen au Rwanda (ENARWA), Association des Eglises Evangéliques au Rwanda (AEER), Eglise Luthérienne au Rwanda (ELR), Armée du Salut au Rwanda (AS), Jeunesse Pour Christ au Rwanda (JPCR), African Leadership and Reconciliation Ministry (ALARM).

Dans mon exposé, je vais juste vous donner un aperçu global de l’enseignement protestant au Rwanda pendant la période coloniale, postcoloniale, après le Génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 au Rwanda et l’enseignement protestant dans l’avenir. Je vais terminer par une brève conclusion.

L’enseignement protestant au Rwanda pendant la période coloniale

Les premiers missionnaires protestants arrivèrent au Rwanda en 1907. Ce sont deux pasteurs luthériens allemands Ernst Johanssen et Gerhard Ruccius. Bien qu’ils étaient occupées prioritairement de l’implantation des postes missionnaires, ils ont créé quelques écoles primaires. La première école protestante fut créée en 1909 à Kirinda. D’autres écoles primaires protestantes furent ouvertes vers les années 1910 dans les autres régions de Rubengera et Kibuye et vers les années 1930 dans plusieurs autres régions du pays. Dès leur arrivée au Rwanda, les premiers missionnaires protestants se débrouillaient pour trouver la matière à enseigner.

C’est en 1911 que le tout premier document imprimé (le 1er manuel protestant d’alphabétisation écrit en Kinyarwanda) a été éditée par une maison d’édition de Bethel à Bielfeld par la société missionnaire allemande chargée de l’évangélisation dans l’Est de l’Afrique. Ce manuel s’appelle « Ifiberi rya Urunyarwanda. I. » . La deuxième édition fut publiée en 1914 (Fibel der Ruandasprache. I. Teil. Zweite Auflage). Ceci montre l’intérêt qu’avaient les premiers missionnaires protestants dans le domaine de l’éducation. Ils voulaient tout au départ que tout converti à la foi chrétienne puisse savoir lire et écrire dans sa langue maternelle. Malheureusement, les ouvrages arrivèrent tardivement au Rwanda, en septembre 1922, soit 8 années après la publication parce que, comme le dit Tharcisse Gatwa :

« Un douanier belge découvrit qu’ils contenaient le portrait de l’Empereur Guillaume II d’Allemagne, et qu’ils vantaient les mérites de l’Empire allemand ; il les réquisitionna. Après un échange de correspondance entre le résident Rijckman, le ministre des Colonies et la SBMPC (ndlr : Société Belge des Missions Protestantes au Congo), que les ouvrages furent relâchés sans le portrait du roi » .

Après la fin de la Première Guerre Mondiale, les premiers missionnaires luthériens allemands étaient obligés de quitter le Rwanda et d’abandonner leurs stations missionnaires suite à l’échec de l’Allemagne pendant la Première Guerre Mondiale. Ils ont été remplacés par les missionnaires belges. Dans les années qui suivirent, les autres missionnaires protestants, à savoir les adventistes, les anglicans, les baptistes danois, les méthodistes…, arrivèrent au Rwanda et commencèrent à fonder les stations missionnaires et quelques écoles primaires protestantes .

De façon générale, tous les premiers missionnaires protestants arrivèrent au Rwanda avec des multiples plans d’activités que nous regroupons en trois grandes catégories (trois piliers), à savoir : l’évangélisation (la Bible, une Paroisse, une chapelle), l’éducation (la construction des écoles, l’alphabétisation), la santé (le médicament, la construction des centres de santé, des hôpitaux, l’hygiène). Dès le début du protestantisme au Rwanda, les chapelles ont longtemps servi en même temps comme lieu d’évangélisation mais aussi comme lieu d’alphabétisation, comme salles de classe et d’apprentissage artisanal.

C’est pourquoi on dit le plus souvent « Chapelle-école » . Le catéchiste était en même temps un enseignant de l’école primaire sur sa chapelle-école où les catéchumènes venaient apprendre la doctrine chrétienne protestante, la lecture, le calcul, l’histoire générale et le métier. Petit à petit, les premiers missionnaires commencèrent à construire quelques écoles primaires à côté des chapelles. L’apprentissage de la lecture de la Bible et de la catéchèse constituait un moyen stratégique utilisé par les missionnaires pour l’éducation et pour la promotion sociale et économique. Grâce aux chapelles-écoles, plusieurs églises protestantes avaient réussi à avoir plusieurs candidats au baptême et les lauréats devinrent des personnes évoluées de la société.

La première école secondaire protestante fut créée en 1947 par les premiers missionnaires anglicans à Shyogwe (actuellement Groupe Scolaire de Shyogwe). Elle était une école d’apprentissage pédagogique. Ensuite, d’autres écoles furent créées comme l’école d’apprentissage pédagogique (EAP) de Kirinda (1952), l’école technique féminine de Remera Rukoma (1959) par les missionnaires protestants de l’Eglise Presbytérienne, école Secondaire de Gahini en 1960, école technique inferieur de Ruyumba en 1962, etc.

Cependant, comme l’enseignement était l’apanage de l’Eglise catholique, les protestants se sont contentés d’avoir un enseignement inferieur afin d’éviter des conflits avec l’Eglise catholique . A ce sujet, Tharcisse Gatwa a écrit ce qui suit :

« Pendant toute la période d’avant l’indépendance, les protestants pouvaient seulement envoyer une poignée d’élèves dans les collèges officiels d’Astrida (où avait été construit un home pour les accueillir ; à l’école technique de Kicukiro et l’Athénée Royal de Bujumbura, construites par l’Administration coloniale mais confiées aux missionnaires catholiques) » .

En effet, plusieurs écoles primaires protestantes avaient seulement le premier cycle, càd trois ans, trois classes allant de la première année à la troisième année alors que le cycle complet était de six ans. Quelques écoles secondaires protestantes dispensaient un enseignement inferieur qui préparait des moniteurs (trices) pour l’enseignement primaire, d’autre un enseignement de type familial et artisanal.

De façon générale, pendant la période coloniale, l’enseignement protestant était « un enseignement de crise qui n’ouvrit pas d’horizons au-delà de la formation des moniteurs pour l’enseignement primaire ; il ne répondit donc pas aux besoins de l’Eglise et de la société à laquelle les protestants veulent contribuer » . En 1927, l’Eglise Catholique avait déjà signé une convention régissant l’enseignement catholique avec les autorités coloniales. Les Protestants ont attendu jusqu’en 1948 avec l’avènement en Belgique d’un gouvernement socialiste pour signer un accord tripartite en éducation entre l’Eglise Catholique, les Eglises Protestantes et l’Etat colonial belge. Cet accord a permis à certaines écoles protestantes qui remplissaient certaines conditions fixées par l’autorité coloniale à recevoir quelques subsides de l’Etat colonial.

Malgré les efforts fournis, dans la période coloniale, les premiers missionnaires protestants se sont contentés d’abord de la création de quelques écoles primaires, et ensuite de la construction de quelques écoles secondaires. Il y a trois motifs :

Je voudrais noter ici la force qu’a connue l’enseignement protestant dans cette époque coloniale. C’est le mouvement de réveil spirituel, qui a eu des répercussions positives dans l’enseignement protestant. Ce mouvement spirituel a commencé à Gahini dans les années 1930 portant le nom du Réveil de l’Afrique de l’Est . Ce mouvement de réveil fut spécialement commencé dans les écoles protestantes d’abord à Gahini, puis dans d’autres régions comme Shyira, Kigeme, Shyogwe et Remera Rukoma. Les membres de ce mouvement de réveil étaient appelés les « ABAKA » pour dire des personnes : « Qui brûlent comme du bois de feu, par rapprochement à leur manière de vivre l’Evangile, comparée à une torche brûlante qui apporte la lumière et écarte les ténèbres, et par rapport aux non-convertis comparés aux torches éteintes » .

Les membres de ce groupe se distinguaient des autres par leurs façons de se repentir et de rendre témoignages des bienfaits de Dieu, par leurs manières de s’habiller, par leur hygiène corporelle, par leurs manières de vivre en communautés des frères et sœurs. De mon avis, ce réveil protestant n’est pas venu au hasard, il est venu des efforts conjugués des premiers missionnaires et des premiers chrétiens rwandais dans l’encadrement spirituel, moral et évangélique des jeunes dans les écoles.

Exposé : Présentation sur l'enseignement protestant au Rwanda : le passé, le présent et l'avenir {PDF}

| | Accueil | ©Communauté Baptiste au Centre de l'Afrique - Coordination Communautaire des Ecoles Conventionnées Protestantes ® 2010